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Textes NoiresPensees
Tranche de Vie

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TchatcheBlog: Textes NoiresPensees

Catégorie : Tranche de Vie
Créé le :  20 juin 2008 14h37 par NoiresPensees
Modifié le :  20 juin 2008 16h07
Visité :  18 fois Cette semaine :  0 fois

Description :
Mes petites-vielles-nouvelles écritures...


Bonjour
Créé le : 20 juin 2008 14h42 Article posté par : Web

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Et bien me voilàààà !

Bienvenue sur mon grand vrac des textes que j'écris dans des buts artistiques (jolis quoi) !

Toute bonne lecture,

NoiresPensees

* * * * * * * * *


Articles du blog

Page 1 :

- Bonjour
- Alice et le Fleurs
- Erebos
- Marlèna (titre non défini)
- Musique - The DeathShip Symphony by The Vision Bleak

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Alice et les fleurs
Créé le : 20 juin 2008 14h48 Article posté par : Web

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Avant de commencer mon histoire, je me dois de vous donner des précisions quant à mon sujet et à mon rapport avec... les fleurs.
J'ai commencé à parler aux fleurs lorsque j'ai déménagé de ma cité pour cette enchanteresse campagne. J'avais cinq ans, je m'en souviens très bien. J'avais aidé ma mère à planter les oignions des futures tulipes dans nos plates-bandes ; et lorsque les tulipes sortirent, elles se mirent à parler, ou plutôt, je les entendais parler. Et ce fut ainsi pour toutes les fleures sauvages que je croisais –quand je dis sauvages, c'est à dire directement liées à la terre et non en pot-, je les entendais parler entre elles, rire et chanter. Mais pour l'instant, jamais elles ne m'avaient remarqué. Je finis par arrêter ''d'entendre'' les fleurs, pour me mettre à les ''écouter''. Je m'étais particulièrement attachée à un groupe de diverses fleurs qu'abritait une minuscule clairière , assez profonde dans les bois. J'avais dix ans. Après mes brefs devoirs, je courais vers la forêt, m'allongeais avec un bloc-notes dans la prairie et m'instruisais du savoir des fleurs. Il faut savoir que les fleurs, ainsi que tous les végétaux dans leur ensemble, sont des fils et filles de la terre. Et la terre étant une bonne mère, transmet d'office son savoir à ses progénitures. Ainsi, les brins d'herbe, aussi bien que les arbres centenaires, en savaient autant que la terre elle-même sur son histoire. Ce qui variait du brin d'herbe à l'arbre centenaire, c'est la sagesse personnelle que seules, les années pouvaient donner.
La terre ayant un particulier sens de l'ouïe, elle connaissait tous les termes scientifiques utilisés par les êtres humains à son sujet. Ainsi, j'écoutais les fleurs débattre sur la photosynthèse et les idées que les scientifiques en avaient. Ma culture biologique et botanique s'étoffa ainsi, une année et demi durant. Un jour, je me permit de les interrompre, car cela faisait une semaine qu'elles répétaient les mêmes choses. Je m'éclaircis la voix et dit : « Excusez-moi de vous interrompre Mes Demoiselles, mais pourriez-vous m'en dire plus sur la manière dont vous vous reproduisez ? ». D'un coup, la clairière se tu, on n'entendait plus que les oiseaux gazouiller. Le silence pesa ainsi une longue minute, puis l'une d'elle répondit enfin : « Qui es-tu petite, pour poser de telles questions ? ». Je m'empressa de dire « Oh, mon nom est Alice... ». Les fleurs créèrent alors un brouhaha dont je ne pouvais tirer le moindre mot. Puis soudain, elles se turent, comme elles l'avaient fait auparavant. La même fleurs éleva sa voix mélodieuse : « Chère Alice, excuse-nous ces silences impolis, mais une telle chose ne nous est jamais arrivée : c'est la première fois qu'en être comme le tien s'adresse aux fleurs, la première fois depuis la naissance de notre bien-aimée mère ». Malgré mon jeune âge, je les comprenais sans problème : sans doute de puissants sorciers avaient déjà écouté les arbres, ou la terre elle-même, mais pas les marguerites, ni les boutons d'or, ni le muguet n'avaient étés entendus...
Alors depuis ce jour là, je me mis à converser avec les fleurs, nous parlions jusqu'au coucher du soleil. L'hiver, lorsque la neige arrivait, je les regrettais atrocement, me rabattant sur mes écrits, je continuais de mettre sur papier ce qu'elles me contaient.

Les années passèrent, le contacte avec les fleurs brassait mon quotidien. Elles partageaient avec moi leurs théories, leurs légendes et moi je leur lisais des livres, leur chantais des chansons et nous vivions dans une harmonie totale.
Les années se marquaient également sur mon corps. Je n'étais plus la petite tête blonde aux formulations de génie, j'étais devenue une jeune fille aux cheveux incroyablement longs et fins, vêtue de mon inséparable robe émeraude. Ma silouhette était fine, mes yeux brillaient des couleurs du profond océan... Selon beaucoup, j'étais ''jolie'' voir ''belle'' mais cela m'était égal. Le contacte que j'avais avec les fleurs avait eu pour conscéquence de me couper du monde extérieur, de la société de nos jours. Je n'avais pas d'ami, le regard que les autres enfants portaient sur moi ne m'importait pas le moins du monde. Seules les fleurs m'importaient, et les fleurs étaient aveugles. Pour élèves et professeurs, j'étais une simple enfant prodige au regard rêveur qui passait ses pauses à dessiner. Très peu de gens connaissaient le son de ma voix et mes parents étaient trop occupés avec leur travail pour se préoccuper de ce que je faisais de mes journées.
Le jour de mes quinze ans, c'était lors d'un tranquille mois de mai, je me trouvai coincée au lit par la maladie, c'était encore un jour de moins sans les fleurs. Etant en pleine puberté, je savais tout à fait exprimer mes envies et surtout mon mécontentement, aussi mes braves parents cédèrent et le lendemain je me précipitai au milieu des bois malgré une fièvre délirante. A mon arrivée dans la verte clairière, je compris tout de suite que quelque chose n'allait pas. L'habituel bourdonnement enjoué de mes précieuses s'était transformé en un murmure inquiet. Par reflexe je les questionna, je voulais connaître la cause de cette inquiétude. La réponse que j'obtenus me cloua sur place : « Des enfants de l'éther et du feu, ils sont venus maudire en nos paisibles bois... Nous craignons toutes pour toi, ne mets plus les pieds ici, ou ils te lanceront le mauvais œils ! ». Je ne m'attendais à pareille affirmations ; des enfants de l'éther, c'était donc des hommes, s'ils étaient avec le feu cela signifique c'était sans doute des sorciers sérieux, je répondis : « Il n'en est pas question, je n'ai pas peur d'eux. Combien étaient-ils ? » demandais-je, « Ils se portaient au nombre de trois humains de chaire et de sang » soufflèrent-elles effrayées. Je les apaisai, et leur dit que ce soir, je veillerai sur cette partie du bois pour voir de mes propres yeux qui osait ainsi piétiner mes amies.

La nuit tomba. Un certain nombre de minutes défilèrent puis enfin, je perçus des pas réguliers dans le lointain. « La terre est avec toi... » me soufflèrent des fleurs avant de faire régner le silence. Tel un habile chamois, je sautai derrière un arbre afin de me cacher. Les trois sorciers finirent par arriver à l'endroit dit. Ils étaient deux garçons et une fille, tous à peine plus âgés que moi, j'estimai leur âge à environ dix-huit ans. Etant informée sur le sujet par le biais de mon ordinateur, je m'attendais à ce qu'ils placent pentacles, bougies, calices et dagues en un autel, et c'est ce qu'ils firent. Après cela, la fille traça un cercle de sel sur le sol ce qui me fit frémir : le sel fait mourir toute végétation et empêche la terre de refleurir. Avec des incantations diverses ils ''protégèrent'' le cercle puis ils y firent entrer l'un des garçons. Ils invoquèrent un esprit quelconque qui s'enfouit dans le corps du pauvre. Le corps s'éleva de quelques centimètres et se mit à converser avec les deux autres. Ils parlaient fort, mais je n'étais pas sûre de comprendre ce qu'ils disaient... Pour finir, ils conclurent un genre de pacte et avant de quitter le corps du jeune homme, l'esprit pointa d'un doigt tremblant l'arbre derrière lequel je me cachais. Il dit : « Prenez garde car dans ses bois se cache une âme élémentaliste qui vous a observé toute la nuit durant. ». D'un œil inquiet, je vis l'esprit ''sortir'' du corps du garçon, soulevant le sel dans son élan, je vis le garçon retomber en s'affalant sur le sol. Les deux autres se regardèrent, s'armèrent de bâtons durs et partirent dans ma direction, sans un coup d'œil pour leur ami encore au sol. Prise de panique, je m'enfuis à travers les ronces, et m'ayant remarquée, les deux sorciers ne tardèrent pas à imiter mon geste. Ils me rattrapaient sérieusement de moi quand soudain les ronces se refermèrent sur leurs chevilles et foutèrent leur dos. Je profitai de cette diversion pour courir de plus belle et reprendre de l'avance et me cacher derrière un monolithe. Mes deux assaillants sortirent, avec rage des ronces mais à peine avaient-ils fait un pas sur le sol dur de la forêt que les arbres sortirent leurs racines et clouèrent au sol les deux jeunes. Je profitai de ce répit pour reprendre mon souffle et mes esprits, mon front brûlait et un arc électrique dansait entre mes deux oreilles. Ils frappèrent leur bâton sur les racines en prononçant une formule étrange et les racines des arbres lâchèrent vivement leur emprise. Haletant mais calmes, il se remirent en marche, ils savaient que si je bougeais, ils me repéreraient et m'attraperaient de suite. Ils s'approchaient dangereusement de ma cachette lorsque la terre se mit à trembler les faisant basculer au sol, ils perdirent leurs armes et à nouveau les racines des arbres se mirent en branle, et les clouèrent à la terre. Je sauta sur l'occasion et me remit en course. Je fut stoppée net après deux minutes de pas eifreinés par le visage de glace du troisième sorcier. Ses yeux se plongèrent dans les miens, ses mains se fermèrent sur mes poignets, je n'avais plus d'échappatoire.

Alors j'utilisa une technique qui m'était propre : je fermis les yeux, et m'écroulai au sol. Le jeune homme soupira, mon plan avait marché. Je l'entendis tirer une petite pierre plate et le sentis la mettre sous ma tête, puis il enleva sa cape et me couvrit avec. Puis il réunit des petits branchages et les enflamma à l'aide d'un briquet et de petites feuilles. Je sentais le feu me réchauffer doucement alors que j'entendais les pas précipités de la fille et du garçon qui arrivaient, je le supposais, dans un sal état.
- Litzus, qu'as-tu ? dit la fille.
- Rien, elle s'est évanouie. Elle est brûlante je crois que cette fille est malade... commença le troisième garçon
- Et bien pour quelqu'un de faible, elle nous a donné bien du fil à retordre... fit le garçon qui m'avait poursuivi.
- Et qu'est-ce que nous sommes censés faire ? demanda Litzus. Claire, une idée ?
- Il faut la réveiller, dit la nommée Claire. Ezéchiel, va chercher la gourde...
N'ayant pas la moindre envie d'être trempée, je simula un réveil en sursaut. Essoufflée, je demandai de l'eau, histoire de gagner du temps. L'élégant Litzus se leva, fit trois mètres et revint avec une gourde militaire pleine d'eau fraîche.
- Qui es-tu ? fit Claire sur un ton plein de rage
- Je ne sais pas, mentis-je, vous qui êtes-vous ? Que faites vous ici ?
- Je vais t'apprendre à te moquer de moi hurla Claire en levant son bâton.
Mais elle n'eût pas le temps de s'exécuter, Ezéchiel la stoppa net dans son mouvement. Il se leva et prit la parole :
- Je me nomme Ezéchiel, voici Claire et mon frère Litzus. Nous aimerions bien savoir qui tu es jeune fille, nous ne te voulons aucun mal. La forêt est à tout le monde, nous venons dans ce coin depuis de nombreuses années.
- Cela n'est pas vrai, dis-je, c'est la deuxième fois que vous foulez ces terres avec de telles intentions. Je sais tout ce qu'il se passe dans ces bois mais passons... Ce sont vos vrais noms... Ezéchiel, Litzus et Claire ?
- Non, avoua Ezéchiel, mais c'est ainsi que nous souhaitons être nommés de toute manière tu ne connaîtras pas nos noms usuels. Tu n'as pas répondu à la question petite, qui es-tu toi ?
- Je m'appelle Alice et je veux savoir ce que vous faites ici !
- Moua, Alice ! pouffa Claire, si tu sais tant de chose quant à ces bois, tu sais très bien ce que nous faisons ici.
- Vous êtes des sorciers ? fis-je ébahie.
Litzus souria et vint s'assoire à mes côtés. Il me prit les épaules et me dit :
- Oui ma chère nous sommes des sorciers qui cherchent la distraction parmi ces bois. Nous pensions devoir la chercher des années durant et toi déjà tu apparais. Toi tu n'es pas une sorcière, qu'es-tu donc ?
- Je suis une petite fille, fis-je menaçante, je veux que vous cessiez vos activités en cette clairière et que vous me laissiez rentrer chez moi. Je suis malade et je sens que mon état va empirer si je reste ici.
- Non tu resteras avec nous, dit Ezéchiel d'un ton assuré, nous avons de quoi coucher sur le sol [...]

A ce qu'il paraît ça date du 31 mars 2008, mais je le soupçonne d'être plus vieux que cela..

Illustration : Sweeney Todd

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Erebos
Créé le : 20 juin 2008 15h39 Article posté par : Web

J'étais encore affalée sur l'un des bancs qui longeaient l'étang de Parc du Désert lorsque j'entendis son pas, fin et mélodieux approcher de moi. Alors dans un soupire je me redressa en position correcte et tourna la tête vers lui, qui à ma vue, sourit tendrement. Son long manteau noir faisait voler les feuilles mortes sur son passage et la lumière froide découpait sa silhouette noire à l'horizon lui donnant, à son plus grand plaisir, un air surnaturel...

Lui, c'est Erebos. Erebos, c'est mon ami, mon meilleur ami, mon seul ami. Erebos, c'est aussi un vampire, un vampire simple, parmi d'autres, mais c'est un vampire tout de même...
Je me souviens de notre rencontre, à vrai dire, tout a commencé sur un jeu en réseau, lorsque promise à une mort injuste un charmant mort-vivant invocateur de niveau 48 vint à mon secours, me sauvant d'une pénible fin. Comme toutes personnes pourvues de politesse, je lui fis mes humbles remerciements et comme toutes personnes pourvues de galanterie, il engagea la conversation. Elle ne s'arrêta que deux heures plus tard, lorsque mes yeux commençaient à piquer, et le sujet avait tourné sur les vampires. Je sentais à travers ses mots, combien cet individu était passionné et sûr de lui sur le sujet. Moi qui étais fière de pouvoir, du haut de mes 15 ans, émerveiller les plus grands avec mes histoires il se trouve que cette fois, je n'avais rien à lui apprendre, et que parfois même il me reprenais sur ma logique. Emerveillée, je fis tout ce qui était en mon pouvoir pour ne perdre contacte avec lui, plus les jours passaient et plus les conversations étaient longues et passionnantes, ces idées commençaient même à hanter mes rêves jusque là inexistants pour moi. Ainsi plusieurs mois s'écoulèrent, les cours reprirent et les jours se raccourcirent...
Bientôt sa proposition se fit : une rencontre, vu qu'il habitait Lausanne et je n'étais guère loin. J'ai longtemps retourné la question et j'ai finit par accepter. Bien sûr, pour des raisons de sécurité, j'ai souhaité notre rencontre dans un endroit mouvementé à une heure de pointe. Et c'est comme ça que le mercredi 5 octobre 2005 à 13h30 vers l'église St François, nous nous vîmes pour la toute première fois. Tout ce passa bien et depuis, je le rejoins sur Lausanne environ un week-end sur deux.
Ce fut au début du mois de janvier qu'il m'avoua son secret : il était un vampire. Bien sûr, je ne le croyais pas, pour moi les vampires sont, bien que passionnants, fiction. Mais ce devait être la première fois qu'il me parlait de son lui profond, et pour cette raison j'écouta son récit. Il ne serait pas un vampire mythologique comme il m'en parlait depuis bien longtemps, mais un vampire "moderne", il voit le jour sans peine et ne crains quasiment rien tel que l'eau bénite ou les crucifix. Il se qualifie de vampire par sa dépendance au sang, dont il ne s'abreuverait non pas sur des victimes mais au près d'hôpitaux spécialisés et qui le garde sous secret. Il dit qu'en générale, il rencontre ses donneurs à qui il explique ce qu'il est, donneurs à qui il pourrait aussi, faire confiance. Il ne serait pas éternellement jeune selon lui, il vieillirait et mourrait tôt ou tard, d'ailleurs, il était bien vivant. Ce serait sa dépendance qui le suivrait à travers ses vies jusqu'à la fin des temps.

 Je doutais de la vérité de ses paroles. Mais ce jour-ci, 28 octobre 2006, il allait me prouver que ce que je prenais pour un fantasme suite à un fanatisme poussé était une vérité. Une atroce vérité...

 
- Bien le bonjour, m'a-t-il dit, comment vas-tu ?
- Je vais bien merci, un peu fatiguée, mais rien de grave, et toi ?
- Bien sûr, comme toujours... Dis voir Sarah, j'ai à te parler... Je dois te parler de mon passé, c'est très important, je souhaite que tu m'écoutes attentivement.
J'ai été très surprise de l'entendre dire ceci, jusque là, je ne savais quasiment rien de lui, si ce n'est son secret. Je savais son vrai prénom, Samuel et il se trouve qu'il a beaucoup rit de mes tentatives acharnée pour tenter de prononcer ou alors d'écrire son nom de famille. Un nom polonais, selon lui, c'est un de ses lointains ancêtre qui est venu en Suisse il y a fort longtemps. Mais pour le reste de sa vie, j'ignorais jusqu'à son âge et même s'il avait vraiment des parents.
Ce long silence pendant lequel je me remémorais tout ça le poussa à parler à nouveau :
- Sarah, tu ne me crois pas n'est-ce pas ?
- Que veux-tu dire par là... lui répondis-je sincèrement.
- Lorsque je dis que je suis vampire, tu ne me crois pas ! Je te comprends ne t'en fait pas, c'est une vérité difficile à accepter...
Je me levai dignement, j'avais bien l'intention de lui dire les choses en face.
- Oui en effet, dis-je sur un ton serein, je ne te crois pas. Et pour tout dire, je n'aime pas que l'on me prenne pour une idiote, tu le sais très bien. Tu parles de vérité, mais peut-être serait-il temps que tu ailles vérifier le vrai sens de ce mot dans un dictionnaire, parce que tu me racontes là n'a ni queue ni tête !
- Je sais ce que tu penses, mais voilà, Sarah... Je t'aime Sarah, et je dois te dire la vérité ! Je suis un vampire, Sarah. Cela fait des siècles que je traverse les vies avec cette malédiction sur le dos. Sarah, sois mienne je t'en prie, laisse moi faire de toi un vampire, je ne souhaite jamais te quitter, je souhaite que tu traverses les siècles avec moi !
- Arrêtes, lui ordonnais-je les yeux coulants, sors toi donc cette idée stupide de la tête, tu n'es pas un vampire et je sais que tu n'es pas fou ! Alors je t'en prie moi aussi, ouvre les yeux et arrêtes de rêver ta vie.
- Sarah, se reprit-il, écoute moi seulement, je veux juste que tu m'écoutes après tu jugeras...
- Mais je n'ai fait que t'écouter jusqu'à maintenant, tu m'as laissé assez de temps pour juger ! l'interrompis-je.
- Non, s'il te plaît, je sais que tu brûles de savoir ce que je vais te dire, tu me poses des questions depuis déjà longtemps, et je vais maintenant y répondre, écoute moi maintenant.
Et dans un soupir je me rassis lourdement sur le banc mes yeux fixant mes pieds, coudes aux genoux. Alors doucement il s'assit à son tour et m'entoura de ses mains, il m'embrassa le cou et doucement, il se mit à chuchoter, à parler, et moi je l'écoutais.
- Je suis un vampire, commença-t-il, tu sais mon ancêtre de Pologne ?
J'hochais la tête, telle une enfant à qui on expliquait les choses de la vie.
- Et bien c'était moi, lors de ma deuxième vie de vampire, je m'en souviens parfaitement, j'avais décidé de réaliser mon rêve, je voulais partir en Suisse et mon frère actuel vint avec moi et y créa une descendance. Aujourd'hui j'en suis à ma cinquième vie et je me souviens parfaitement de toutes les autres. Oh pas depuis ma naissance, bien sur que non, on ne redevient vampire qu'aux alentours de nos 15 ans, cela dépend. Les souvenirs reviennent, et en moins de deux semaines nous somme métamorphosés et à nouveau dépendant de sang humain. Je suis vampire depuis ma naissance en tant que vampire, savais-tu que les simples mortels ne se réincarnent pas ? Nous oui, je suis né d'une alliance entre deux vampires. Je n'invente rien tu dois me croire... Tu vois ? dit-il toujours si doucement en relevant la manche droite de son manteau.
Devant moi, un spectacle incroyable se produisait, une marque violette, petite mais peu discrète, en forme de rose se mouvait en une danse lente et hypnotisante.
- Cette marque est celle des vampires modernes. Laisse moi t'expliquer : en général c'est un vampire, rarement une fille... Plutôt un garçon, né d'une alliance vampire comme celle de mes parents. Cet enfant vampire est initié aux principes vampires lors de sa première vie, puis son devoir est de par la suite trouver une conjointe qu'il fera vampire et à qui il enseignera à son tour. Et ensembles ils font un enfant, et ainsi une chaîne se forme.
- Mais, dis-je ayant soudainement retrouvé la parole, est-on réincarné forcément par l'un de nos descendants ?
- Non pas toujours, c'est même rare, il faut croire que je suis l'une des exceptions.
Puis le silence se fit, je me remettais doucement de toutes ces émotions, maintenant obligée de croire à son récit. Les minutes passèrent et il parla enfin :
- Alors, Sarah, je dois savoir, acceptes-tu de faire une alliance vampire avec moi, pour qu'ainsi nous traversons les siècles ensembles ..?
- Si j'ai bien écouté ce que tu as dit, tu me proposes ici de me maudire jusqu'à la fin... dis-je sur un ton grave.
- J'ai peut-être mal choisi mes mots, pourquoi ne le prends-tu pas comme une alliance éternelle, dans l'amour et la beauté surnaturelle. Ce n'est pas vraiment une vie éternelle que je te propose ici, mais c'est tout comme. N'ai pas peur d'avoir à refaire toute ta scolarité à l'infinie, comment penses-tu que je connaisse cinq langues différentes ? Et ce n'est qu'un exemple...
- M'aimes-tu ? l'interrompis-je encore.
- Oui, je t'aime de toute mon âme et je t'aimerai jusqu'à la fin des temps.
Je m'approcha alors de lui, dans mon pas le plus gracieux possible.
- Je partage tes sentiments Erebos, dis-je dignement, mais ta proposition semble bien compliquée, je te demande juste quelques temps de réflexion.
- Bien si tel est ton désir, mais ne meurs pas ce soir, j'en serais détruit. Ne tarde pas je t'en prie.
Puis doucement il me prit par la taille, et nous nous embrassâmes tendrement. Je ne sais toujours pas aujourd'hui, si la décision que j'avais choisie fut vraiment la bonne, mais mes parents m'avaient eux, toujours enseignés d'écouter mon coeur et c'est ainsi que deux semaine plus tard, nous nous retrouvâmes au Parc du Désert pour sceller nos destins.

 

*****

 
Je marchais doucement dans l'avenue des Tilleuls, vêtue de ma plus belle robe noire. Il était 6 heures du soir et bientôt il ferait nuit. Nous avions rendez-vous à la petite tour rose, nommée "Le poulailler" dans un dizaine de minutes. Ces minutes d'avances, je les passai sur l'un des bancs pas loin de la villa du Désert. Une vue urbaine s'offrait devant moi, légèrement adoucie par le lac qui avait pris un teint turquoise, reflet du ciel en métamorphose... Puis je me tournai vers la villa. Son toit était brûlé, incident provoqué par des squatters le 26 janvier 2005 vers 21 heures. Je ne sais pas pourquoi, mais je vivais ce moment comme si je me préparais à mon propre bûcher, je savais ma bêtise mais, l'amour rend aveugle comme on dit. Moi je pense qu'il rend surtout sourd. Chaque sensation offerte à moi, chaque feuille sur le sol étaient émerveillement, je les ressentais, je les admirais, comme si c'était la dernière fois pour moi. Je me trompais, fort heureusement.

 

*****

 
A 18 heures et 10 minutes, j'étais sur les marches de la réplique minuscule de tour de princesse. Il arriva quelques secondes plus tard, vêtu si gracieusement que mon amour pour lui ne fit que s'intensifier.
- Ma belle... fit-il en arrivant
- Samuel
- Non je suis Erebos, c'est ainsi que tu dois m'appeler, d'ailleurs, tu devrais te trouver un nom qui ne te quitterait pas toi aussi. Mais ne pressons rien, tu as l'infinie pour le trouver.
Un rituel d’une extrême complexité se déroula sous mes yeux. J’y participa ne sachant pas trop comment, comme si mon corps savait mieux que moi ce que je devais faire. Il fut enivrant, et à sa fin nous nous jetâmes l’un dans les bras de l’autre. J’étais heureuse à jamais.
Sur mon poignet, brillait une petite rose de violet, je pris un air interrogateur. La seule réaction de mon observateur, fut de sourire et de m’embrasser. 

*****

 
Ainsi commença ma première vie de vampire. Très vite le besoin du sang se fit sentir. Il se prononce d'abord par une soif soudaine que l'eau ne peut passer. Puis par un phénomène de tête qui tourne qui parfois même va jusqu'à l'évanouissement complet. A son réveil le vampire, ne pouvant mourir, vomit sans s'arrêter et souffre atrocement. Pour éviter ces horreurs, il est donc impératif d'avoir toujours du sang sur sois, les besoins n'étant pas calculables. Par contre ils étaient progressif, au début je ne buvais qu'environ une gourde par semaine, Erebos lui, en finissait une environ tous les deux jours.

 
Les années passèrent, dans l'état d'esprit vampire. A mes 18 ans révolus, je me mariai à Erebos. Nous étions à priori des gens normaux. Nous avions tous deux un travail banal, un petit appartement dans un quartier tranquille. Erebos affichait une véritable passion pour la musique, le métal précisément. Il dépensait une bonne moitié de son salaire dans de nouveaux cds, dans des stéréos, ou alors il aidait de jeunes talents. Moi j'étais moins dépensière, sauf peut-être pour les habits que j'achetais sur des coups de têtes. Je donnais aussi une bonne partie de mon argent à des associations humanitaires et écologistes car pour moi le futur était le plus important de tout. C'était, et c'est toujours, une obsession pour moi : je dois faire en sorte que l'avenir soit le mieux possible pour que mes vies futures soient fructueuses. Je m'imaginais, tout d'un coup naître dans une veille tribu africaine, sans avoir de quoi boire ni manger... Cette idée m'horrifiait.

 
Cette première vie fut donc une vie simple, agréable mais surtout très courte. En effet, à ses 36 ans, Erebos mourut d'un grave accident de moto et comme notre union le préconise, je devais le suivre. Je suis donc morte  en automne 2015, deux ans après lui.
C'est ainsi : si je vis, il vit mais s'il meurt, je dois mourir. C'est aussi pour une question d'obtenir le plus faible décalage possible entre nos deux futures naissances. Si nous naissions avec 40 ans de différence, cela serait moins agréable et moins discret...

 

*****

 
Ma deuxième vie fut, jusque là, la plus confortable. J'étais née le 23 décembre 2015 à Greenwich même, c'était à croire que les vampires étaient chanceux. Ma vie était simple et paisible, fille unique dans un couple de jeunes et fortunés parents. J'ai été élevée dans la richesse et l'amour profond. Tout allait bien, jusqu'à mes 12 ans environ. C'est là que j'ai commencé à me poser des questions... Des questions sur l'au-delà, sur le sens de la vie, sur l'existence de dieu. Si bien qu'à mes 13 ans déjà, la rose encrée en moi apparu un beau matin. Au début, je ne faisais que la deviner, puis avec le temps, elle s'est intensifiée. Les souvenirs revenaient à moi, le français également, tout se remettais en place dans ma tête, si bien qu'à mes 14 ans, je me souvenais dans les détails de ma vie précédente. Et le sang, le sang commença à m'apparaître. J'en aurai besoin, la soif était déjà en moi. Je suis donc partie pour l'hôpital où j'ai imploré du sang.
Comme Erebos me l'avait appris, je devait expliquer mon histoire et montrer ma marque, qui mouvait tranquillement, au rythme du sang qui coulait dans mes veines. Alors, on finit par me donner, après maints cris à travers l'hôpital, ma gourde, mon besoin maintenant vital. Il existait une vérité que seul les hôpitaux connaissaient, c'était la notre, depuis des siècles, les vampires moderne passaient chez eux, et sous présentation de leur marque, avaient droit à du sang gratuitement. De toute manière, nous ne laissions pas le choix à la société : c'était ou ça, ou des meurtres à trot à travers sur le monde entier. En attendant des nouvelles de la part d'Erebos, je me trouva un nom que je ne lâcherai plus : dès ce moment là je fus Elvina.
J'ai aussi oublié de préciser le pouvoir télépathique des vampires entre eux. Là dessus nous rejoignons un peu le vampire mythologique, l'idée du contacte entre le maître vampire et ses progénitures. C'est un peu la même chose ici, ce contacte reste au fil des vies, et apparaît avec la rose vampirique. Connaissant cette réalité, j'ai essayé en vain de contacter mon tendre Erebos, et je n'y arrivai que huit long mois après. Ce moment fut merveilleux, celui de ce nouveau contacte, de pouvoir ressentir à nouveau sa présence en moi. Il se trouvait en Jamaïque, un endroit bien éloigné de moi, malheureusement. Alors nous dûmes attendre encore de longues années avant de nous revoir, fort heureusement, les moyens de communication n'avaient fait qu'évoluer et nous pouvions parler et nous voir avec aise. C'est à ses 18 ans qu'il se déplaça enfin jusqu'en Angleterre. Il y trouva un emploie de facteur et commença à économiser en attendant mes propres 18 ans. Cela m'apprendra, la prochaine fois je n'attendrai pas si longtemps. Ces deux années furent merveilleuses, nous nous voyions en amoureux dans les quartiers riches de Londres, je l'avais même présenté à mes parents comme petit ami. Mes parents eux, étaient heureux pour moi, une fois ma majorité acquise je leur annonçai mes fiançailles que nous fêtâmes toute la nuit. A mes 25 ans, nous décidâmes qu'il emménagerait dans l'immense maison de mes parents. Nous y vécûmes en heureux jeun couple, amoureux à jamais.
A mes 30 ans, soit en 2045, nous décidâmes d'avoir un enfant. Le plus bel enfant que je n'ai jamais vu, il était doué d'une intelligence et d'une beauté sans pareil. Comme à sa prochaine vie notre enfant, John pour le moment, n'aura plus le moindre contacte avec nous, Erebos se montra un bon père, il lui apprit tout ce qu'il devait savoir quant aux vies futures. Nous mourûmes tard, c'est à mes 92 ans que je lâchai mon dernier souffle et Erebos se suicida quelques semaines après.
 

*****

 
Ma troisième vie commença très mal. Je suis née un après midi de mars 2107, pendant la troisième guerre mondiale. Mon père et ma mère périrent durant celle-ci et j'atterris dans un orphelinat au beau milieu de l'Irlande. A mes 15 ans, je m'y échappai, étant en manque de sang. Je tins quelques mois en ayant fait une victime. A mon plus grand désespoir, je dus vider le corps de son sang pour le stocker dans des vieilles bouteilles de verre. Ce sang me suffit pour un moment, à la condition de n'en prendre que deux gorgée par semaine, Je m'étais cachée dans un vieux cimetière celtique. J'étais là, errante, au désespoir de ne trouver le contacte avec Erebos. Deux mois plus tard, il se fit enfin. Bien heureusement, il n'était pas loin, en Irlande du Nord même ! Alors je me mis en route, à pied, pour le rejoindre, là où il avait trouvé une maison en sécurité et un travail. Je passai donc cette vie dans la pauvreté, la guerre était pour le moment mourante, mais la population était sous le choc, et ne voulait plus qu'une chose, c'était la mort. Ils souhaitaient enfin, quitter ces terres maudites.
La seule chose qui occupait ces longues années fut la réflexion. Lorsque je repensais avec concentration au début du millénaire, je constatai l'énorme évolution, ou la régression de l'homme. A ces jours, l'homme ne savait plus faire preuve de bonté. Toutes religions avaient disparues, l'humain était égoïste, donc ne faisait rien pour les autres. Les enfants se faisaient rares et était parfois même mal vus. Les banques et les assurances n'existaient plus, parce que la confiance avait disparu, on se méfiait de tout et de tout le monde. Le monde des ces années là était un monde hostile et dangereux ou l'amitié n'existait pas et où l'amour était invisible.
Ce bouleversement pourrait surprendre mais lorsqu'on vit tous ça, à petit feu, au fur et à mesure on ne se rend pas tout de suite compte...
Erebos et moi quittâmes cette vie horrible dès nos 40 ans, pour tout recommencer à nouveau.

*****

Je pourrais encore vous parler longuement de toutes mes vies, mais voilà, déjà conter une vie, c'est assez long... Mais vous parler de toutes mes vies jusqu'à présent serait trop long. Et je me dois de ne pas vous parler de l'avenir, ce serait très dangereux même ! Je vais juste vous dire que si je suis ici aujourd'hui, pour vous mettre toute cette histoire par écrit, c'est que depuis le voyage dans le temps a enfin été créé ! Mon tendre Erebos en avait marre de cette galère, alors nous décidâmes de retourner vers les années 2000 sur Lausanne. Nous avons payés le prix fort, mais nous n'en sommes pas malheureux. Nous sommes même très heureux, doués d'un passé innimaginablement long et complexe, nous avons désormais assez appris de la vie pour la vivre pleinement, en fidèles amoureux, au bord de l'étang du Désert, ou à l'ombre dans l'Avenue des Tilleuls.

FIN

Haloween 2007


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Marlèna
Créé le : 20 juin 2008 16h03 Article posté par : Web

La nouvelle vie de Marlèna


Depuis le début de la journée la plue tombait avec force, et les nuages laissaient à croire qu'elle tomberait encore et encore, à cela s'ajoutait le tonnerre grondant et les majestueux éclaires qui nivelaient le ciel gris pâle.

Depuis sa piteuse fenêtre, Marlèna observait ce ciel sans pour autant y prêter grande attention. Épuisée, elle baissa la tête pour sentir une fois de plus le vent balayer ses cheveux roux et emplir ses poumons d'air. De cette sensation, elle s'effraya au constat que ce vent glacial lui faisait monter l'adrénaline. Elle jeta un dernier coup d'oeil à la neige fondue sur le sol non loin d'elle et tourna le dos à l'ouverture murale barrées par cinq barreaux qui commençaient à rouillés.
Elle se coucha sur son lit de fortune, fixa un moment les pierres froides qui constituaient le plafond, puis plongea à nouveau dans ce vaste monde, qu'est celui de ses pensées et de ses souvenirs. Comme toujours, et à sa grande déception, elle n'y trouva que des questions, des questions sans réponses. Que fait-elle ici ? Qui est-elle ? Pourquoi ces barreaux ? Pourquoi cette cage...
Elle l'ignorait.
Depuis son "réveil", il y a maintenant plusieurs longues semaines, elle n'avait rien appris d'autre que son prénom : Marlèna, qu'elle avait obtenu de la bouche de celui qui surveillait sa cage ; et à quel prix, cela, elle aurait bien voulu ne jamais s'en souvenir, si bien qu'elle en pleurait rien que d'y penser. Depuis trop de temps maintenant, elle errait entre son lit et la fenêtre, tel une âme à jamais perdue, sans passé, sans avenir ni présent, à attendre que le temps passe et que la neige fonde pour laisser passer les fleures, à attendre que son dernier souffle la libère de cette condition misérable... Elle semblait condamnée à vivre comme une vache seule dans son champ, attendant son tour à l'abattoir. Quoiqu'une vache avait encore droit à bien des distraction que Marlèna aurait apprécié. Au fond ; être une vache ne l'aurait pas déplus, ou alors une fourmi. Ah les fourmis étaient une passion inexpliquée pour Marlèna, parfois elle en voyait passer sur le sol, chargées de miettes de pain récupérées après aux pieds des gardes...

Réveillée de ses pensées par la soif, l'âme perdue se leva et se dirigea en corps flasque vers son pot d'eau dont même le manche était fracturé, et soupira en constatant qu'il était vide. Un soupire parmi tant d'autres, Marlèna avait cessé de les compter, déprimant encore plus à l'idée de leur nombre. Elle se dirigea, pieds traînant et tête baissée, jusqu'aux barreaux et dit d'une voix déterminée :
- Hé toi, je n'ai plus d'eau... J'ai soif.
Mais personne ne répondit. Agacée, l'oeil coulant dû le froid, la jeune fille pencha la tête et trotilla ses yeux miopes dans le but d'apercevoir le garde. Il était bien là ; elle en avait distingué les cheveux gras et courts.
- Hé ho, s'il te plait lèves-toi !
Toujours rien.
Alors, maudissant cette vie horrible et vide, elle reposa son pot qui fit un bruit creux au contacte du sol de pierres, et se dirigea vers la table où se tenait un lavabo. Elle but une gorgée d'eau savonnée et retourna sur son lit grossièrement tailllé, grimace aux lèvres.
Ainsi quelques heures passèrent, Marlèna tournait entre sont lit, la fenêtre et les barreaux où elle tentait de faire réagir le garde, en vain. Des heures comme toutes celles qu'elle avait vécu depuis son "réveil" d'ailleurs.
A cette idée, la jeune fille pesta.

****

Enfin la porte s'ouvrit, et comme chaque fois que cela se produisait, Marlèna, prise de l'espoir qu'enfin un destin se révèle, leva la tête et sortit du lit en hâte.
C'était encore un garde, il portait un plateau de pain et de jambon, une bouteille à la main. Il sifflotait, même joyeux, son pas était vif et lourd, mais d'un coup il se stoppa, la bouche ouverte, les yeux écartés, posés sur son collègue, son ami.
Ainsi deux secondes passèrent, immobiles, longues... Le garde lâcha sa bouteille qui tomba en mille morceaux sur le sol, répandant le vin qu'elle contenait, colorant de rouge les dalles rustiques. Le garde se précipita sur sont collègue qui n'avait pas bougé d'un cheveux depuis déjà un bon moment, il le regardait bêtement, les yeux pleins de larmes, la bouche ouverte. Puis il s'activa et commença à le secouer violemment-
- Hé ! fit-il, hé ho, réveilles-toi, debout, hé ! Tu...
Puis les yeux pleins de haine il se tourna versa la jeune fille, ventre rentré et poitrine gonflée, malgré son effort pour paraître virile, on voyait qu'il était sous le choc.
- Tu... Tu l'as tué ?!
- Mais... Non ! Je n'ai rien fait ! dit Marlèna soudainement prise de panique.
L'homme s'enfuit alors au fond du couloir, courant si vite qu'il faillit oublier qu'une porte l'attendait à la fin du couloir. Dans un grognement, il s'arrêta net, l'ouvrit et s'y lenca au pas de course. Cinq minutes après, il revint accompagné de deux hommes. Celui de tête devait être plus haut placé, parce que mieux vêtu et portant un immense trousseau de clé, il marchait fièrement, la mine grave. Les deux de derrières, dont le garde que Marlèna avait vu il y a quelques minutes avaient tête baissée et pleuraient leur compagnon en silence. Ensembles, ils avancèrent jusque devant la pauvre fille, où ils firent une halte, quasi militaire.
A une lenteur stressante et surnaturelle, le garde de tête plissa les yeux et leva l'indexe pour pointer Marlèna.
- Toi, fit-il en s'adressant à Marlèna, certifies-tu avoir tué ce garde ?
- Non.
- Elle ment, chef ! C'est une sorcière ! fit le second.
Le troisième lui, baissait toujours la tête, un sourire malicieux au lèvres.
- Oui, souffla celui de tête.
Il prit une inspiration puis plongea son regard dans celui de Marlèna qui frissonna à la vue de toute cette haine.
- Toi, tu as tué un des plus brillants de mes gardes, tu le paieras, sorcière ! Tu peux maintenant commencer à compter les minutes car dans deux heures au plus, tu seras sur le bûcher, je le jure.
Vous, fit-il aux deux autres qui se firent droit comme réveillez par un coup de fouet, amenez le corps dans un endroit convenable.
Et les deux d'exécutèrent. Ils prirent le corps délicatement qu'ils traînèrent sur le sol bruyamment. Le chef passa ses yeux sur Marlèna, sur la cage, puis sur le lavabo. Il cracha par terre, fit demi-tour et s'en alla.
Marlèna retourna alors sur son lit pour cinq minutes et repassa encore vers la fenêtre pour écouter le chant de la pluie. Voilà, c'était finit pour elle, cette "entre vie" était terminée, enfin du répit et le départ dans le néant absolu.
Mais au fond, elle réfléchit et se dit que tout n'était pas forcément finit. Elle pouvait prolonger la partie et se forger un destin, au fond, il suffisait de sortir ! Cette idée l'amusa, oui c'est ça, s'amuser un peu ! De toute façon elle n'avait rien à perdre si de toute façon, elle finirait au bûcher !
Soudainement prise d'un nouvel élan et alla d'un pas joyeux vers les barreaux et observa le sol. Elle sourit, c'est bien ce qui lui semblait : ils avaient fait tomber la clé de sa cellule en emportant le corps... C'était une erreur tellement bête de la part des gardes qu'on aurait pu se demander si elle était volontaire.
Telle une gamine jouant à une quelconque chasse au trésor, elle se pencha, genoux sur le sol glacé et tendit le bras pour attraper la clé, elle s'avança à s'en déboîter l'épaule, mais n'y parvint pas. Après quelques secondes de réflexion, la solution se fit voir, et c'est son pied, qu'elle passa par les barreaux et du bout des orteils traîna avec agilité la clé vers elle. Sans perdre une seconde elle la ramassa se leva vivement et ouvrit sa cage. La voilà est libre, ou presque, puisqu'il fallait encore sortir de cet endroit dont elle ne savait rien.

 

Juillet 2007


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Musique - The DeathShip Symphony
Créé le : 20 juin 2008 16h07 Article posté par : Web


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